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Retour sur la 3e édition des Rencontres nationales de la participation

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Retour sur la 3e édition des Rencontres nationales de la participation

La 3e édition des Rencontres nationales de la participation, co-organisée par Décider ensemble et 17 structures du monde de la participation (AdCF, ANDRA, Banque des territoires, CGDD, CNDP, EDF, SNCF Réseau, Egis, FNTP, CNCE, Institut de la concertation et de la participation citoyenne, FNE, France urbaine, GIS participation et concertation et OIDP) s’est tenue à Grenoble du 11 au 13 mars 2019.

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Cette année, les Rencontres ont accueilli environ 850 participants, un chiffre en augmentation depuis la 1re édition à Bordeaux en 2017. Comme pour les années précédentes, les participants sont issus de secteurs divers : collectivités, entreprises publiques ou privées, associations, recherche, etc. Pour cette édition, une attention particulière a été apportée à la présence d’expériences et témoignages étrangers (Espagne, Belgique, Canada, Allemagne), dans l’optique d’outiller les structures participantes, de faire circuler les savoirs et méthodes, aussi bien que d’avoir un retour sur nos propres dispositifs de participation français.

Voici, en chiffres, la répartition des participants de l’édition 2019 :

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Une première journée sous le signe du territoire

La ville et la Métropole de Grenoble ont proposé 10 visites de terrains aux participants des Rencontres, sur des sujets divers : outils numériques, chantiers ouverts au public, budget participatif, programme cœur de ville, jardins partagés ou encore découvertes des paysages métropolitains.

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Celles-ci ont été suivies d’un forum des initiatives locales afin de valoriser les projets citoyens et associatifs du territoire et une soirée débat sur le thème « Justice sociale et démocratie au secours du climat ? » organisé à la MC2 par la ville et la métropole et avec les étudiants de Citizen campus. Sont intervenus lors de cette soirée festive Aurélien BARRAU, astrophysicien, François BONNAZ, politologue, Stéphane LABRANCHE, membre du GIEC, Sébastien MABILE, membre de « notre Affaire à tous ». Un moment participatif pendant lequel le public a pu découvrir du théâtre d’improvisation et tester l’application klaxoon, un outil collaboratif numérique, afin de construire collectivement les sujets à aborder lors de la conférence.

Vous pouvez (re)vivre cette soirée en intégralité grâce à la vidéo disponible ici.

Le Grand débat national sous le regard des spécialistes

A quelques jours de la clôture de la phase de réunions locales et contributions en ligne, le Grand débat national a fait l’objet de deux séquences lors des Rencontres, tout d’abord pendant la plénière d’ouverture « Le Grand débat national va-t-il changer les choses ? », puis lors d’un échange intitulé « Faut-il croire au Grand débat national ? », permettant aux intervenants de livrer leur analyse politique ou méthodologique du sujet.

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La mise en œuvre du dispositif a été saluée : il laisse en effet la possibilité aux Français et Françaises de s’exprimer et d’être entendus sur différents sujets politiques. Laurence MONNOYER-SMITH, commissaire générale au développement durable, le souligne : un tel dispositif permet aux citoyens « de se montrer, de s'exprimer, de donner à voir leurs difficultés, leur détresse, leurs revendications, de se donner à voir en tant qu'acteur légitime dans un processus démocratique ». Bertrand PANCHER, président de Décider ensemble y voit également un « moment stimulant pour la participation citoyenne » qui, grâce au dispositif, a été propulsée sur le devant de la scène politique française.

Cependant, une interrogation demeure quant à la prise en compte des résultats de ce dispositif par le gouvernement et les réponses qui seront apportées. Alors que la phase de réunions locales et contributions en ligne est terminée et que s’ouvrent les conférences citoyennes régionales avec des participants tirés au sort, Matthieu ORPHELIN, vice-président de Décider ensemble, met l’accent sur l’après : « Les citoyens ont joué le jeu du grand débat, maintenant il va falloir qu'il y ait une suite à la hauteur de ce dispositif ».

Au-delà du résultat politique du dispositif, certains acteurs s’interrogent sur la méthodologie appliquée, notamment dans le traitement des contributions et la réalisation des synthèses. C’est avant tout la place de l’intelligence artificielle qui questionne. Son utilisation et ses capacités à traiter des contributions parfois complexes, peu claires ou ironiques peine à convaincre les membres de l’Observatoire des débats, un collectif créé pour collecter des données sur l’organisation des réunions publiques organisées dans le cadre du Grand débat. Pour Gaëtane RICHARD-NIHOULR, responsable du pôle des conférences régionales citoyennes de la Mission gouvernementale, la transparence et l’accessibilité des données prouvent justement qu’il n’y a pas de craintes à avoir : tout le monde peut accéder aux contributions citoyennes récoltées. C’est d’ailleurs cela qui permet à de nouvelles initiatives citoyennes de voir le jour, comme c’est le cas de la Grande annotation, une plateforme numérique visant justement à traiter « à la main » les propositions numériques des citoyens.

Les territoires, portes étendards de la participation citoyenne

Commune, métropole, intercommunalité, département voire région… de plus en plus de territoires prennent la voie de la participation citoyenne.

Sylvie BARNEZET, responsable de la participation citoyenne pour la métropole de Grenoble l’a rappelé lors de la plénière dédiée aux « territoires, laboratoires de participation citoyenne » : c’est dans les territoires que se construit le renouveau de la démocratie locale, associant collectivités et citoyens. D’ailleurs, Guillaume GONTARD, député de l’Isère et ancien maire du Percy (200 habitants) souligne que plus aucun élu dit ne pas faire de participation citoyenne. Cependant, cette nouvelle prise de position, n’empêche pas un fonctionnement toujours « très descendant » de la part de certains maires.

Quelle recette, alors, pour faire participer au mieux ? Certaines collectivités, qu’elles le fassent depuis plusieurs années ou depuis quelques mois seulement, ont pu livrer leurs conseils et retours d’expériences pour une participation réussie, aider des propositions élaborées la veille par les participants lors d’un forum ouvert pour des territoires plus participatifs en 2020.

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Guillaume GONTARD a rappelé que la proximité avec les habitants ne fait pas tout : pour s’assurer de leur présence et leur implication dans les dispositifs, mieux vaut s’appuyer sur les associations et collectifs citoyens ancrés dans le territoire. Ils peuvent être utiles comme relais des dispositifs mis en place par la collectivité, mais pas uniquement : ces structures engagent également des projets souvent déjà plébiscités par la population. Il est alors parfois plus judicieux pour la collectivité de soutenir ces initiatives, plutôt que de cherche à réinventer la roue.

Cela va de pair avec l’idée que les citoyens ne doivent pas restés passifs : les collectivités doivent leur donner la possibilité d’être « celui qui propose des projets », comme en témoigne Pauline VERON, adjointe à la participation citoyenne à la ville de Paris, qui recoure de plus en plus à des volontaires, dans le cadre de projets sociaux, environnementaux ou démocratiques. Pour Philippe MARTIN, président du Gers, c’est cela qui a permis à la première édition du budget participatif du département un aussi grand succès : les règles du jeu et donc les principes du dispositif ont eux-mêmes été construits avec les habitants.

Et puisque les citoyens participent souvent de manière ponctuelle, sur un mode « à la carte », les élus sur scène s’accordent également sur la nécessité de démultiplier les propositions de dispositifs, pour que chacun y trouve son compte selon ses intérêts.

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Paul MAGNETTE, bourgmestre de Charleroi (Belgique) a mis en place dans sa ville des conseils de participation composés de citoyens tirés au sort et s’interroge sur la compétence civique : loin d’être acquise même, comme on pourrait l’imaginer, par les citoyens de catégorie socioprofessionnelle plus favorisée, elle fait souvent défaut lors des échanges : selon lui, il est nécessaire de favoriser l’apprentissage de cette compétence, essentielle au bon déroulé des dispositifs.

Dernier obstacle sur la route de la participation : le manque de clarté et de souplesse du cadre législatif français, qui laisse peu de place à l’expérimentation. Grenoble connaît bien cette problématique, le tribunal administratif ayant annulé un dispositif d’interpellation et de votation citoyenne mis en place par la ville.

Photographies : Antoine Guillou

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